Depuis quelques années, le mois de février est synonyme de mois de la fierté noire, aux USA. C'est l'occasion de revenir sur les parcours de toutes les figures emblématiques qui ont su marquer de leur nom le cours de l'histoire. Outre Atlantique, les luttes de Malcolm X, Martin Luther King et Rosa Parks sont difficilement oubliables. Ici en France, c'est sur le terrain littéraire que s'est principalement mené le combat de la reconnaissance de l'identité noire. Aimé Césaire et Léopold Sédar Senghor, pourfendeurs du mouvement de la négritude, sont les deux noms que les manuels scolaires ont choisi d’adouber. Mais cette reconnaissance ne se serait-elle pas fait au détriment d'autre plumes ? Au vu de la faible notoriété dont jouit aujourd'hui Paulette Nardal, la femme qui a pourtant précédé ses confrères masculins dans le lancement d'un journal « noir », on est en droit de se poser la question. Chocolate souhaite rendre hommage à cette femme.

 

Pour le plus grand nombre, le nom de Paulette Nardal n'évoque plus rien aujourd'hui. Et pourtant, cette femme est loin d'être n'importe qui. Elle a vu le jour en Martinique en 1896. C'est la première fille de Paul Nardal, un homme illustre, le premier martiniquais a avoir exercé la fonction d'ingénieur. Pionnière comme son père, en 1920, quand Paulette a 24 ans, elle décide d'aller étudier l'anglais dans la métropole. Ce sera l'une des premières femmes antillaises étudiante à la Sorbonne. Une fois son diplôme en poche, elle se lance dans le journalisme. Avant elle, aucune femme noire n'avait jamais occupé cette fonction. Elle officiera auprès de la rédaction de Le Soir ainsi que chez La Dépêche Africaine.

Mais si Paulette Nardal force l'admiration, c'est aussi et surtout pour son engagement militant. On décèle chez cette femme une volonté intangible de parler à l'Homme noir dans sa globalité. Et de le réunir aussi. C'est d'ailleurs ce qu'elle ne cessera de faire au sein de son appartement à Clamart. Un véritable Salon Littéraire, au sein duquel Césaire, et Senghor croisèrent notamment l'américain Marcus Garvey.

Au-delà de la discussion, Paulette Nardal s'est inscrite dans l'action. Au début des années trente, cette femme de lettre, entourée de deux de ses sœurs -Jane et Andrée Nardal-, de René Maran (écrivain guyanais), et de Léo Sajous (médecin haïtien) fonde La revue du monde noir. Une revue bimestrielle, poursuivant l'objectif d'offrir aux Noirs un espace leur permettant d'exprimer leur ressenti au quotidien. Si la publication de cette revue s'arrêtera en 1932, l'initiative ne tombera pas à l'abandon. D'autres revues du genre verront le jour : l'Etudiant Noir, Présence Africaine.

A côté de sa carrière de femme de lettres, Paulette Nardal, a également joué un rôle politique en exerçant la fonction d'assistante parlementaire. Dans les années quarante, c'est sur la problématique du féminisme qu'elle se penche. Peu de temps après l'adoption de l'ordonnance de 1944 donnant le droit de vote aux femmes, Paulette Nardal créée le Rassemblement féminin. Un mouvement cherchant à favoriser l'entrée des femmes (plus particulièrement des femmes antillaises) dans le milieu de la politique. Pour appuyer ce projet, une nouvelle revue fut créée : La femme dans la cité
 

Avant de rentrer en Martinique, où elle finira sa vie, Paulette Nardal a aussi travaillé pour les Nations Unis.

Depuis l'année dernière, une pétition en ligne a été lancée pour qu'elle intègre le Panthéon.

Rendez-vous sur le lien suivant pour signer cette pétition : https://paulettenardalaupantheon.wordpress.com/

 

 

 

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