photo credit : blackbeautybag

 

Découvert aux États-Unis à la fin des années 70, le syndrome de l'imposteur toucherait pas moins de 70% de la population mondiale. Ce problème psychologique se caractéristique par un état perpétuel de doute. On observe chez les personnes atteintes de cette pathologie un manque de confiance en soi. Un manque d'une telle ampleur, qu'il les empêche de mettre en valeur leurs accomplissements personnels. Focus sur ce mal être bien peu connu.

 

Pauline Rose Clance et Suzanne A. Imes, sont les deux femmes ayant mis à jour ce phénomène. A la fin des années 70, ces psychologues menèrent une étude sur un panel de femmes. Il ressort des résultats que les femmes auraient tendance à ne pas se valoriser professionnellement, à se diriger vers des postes requérant des compétences moindres que celles qu'elles auraient acquises lors de leurs études, et de manière plus globale, le syndrome de l'imposteur conduirait la plupart d'entre elles à penser qu'elles occupent une place, qui ne leur serait pas due. Nombre de personnes vivant avec ce trouble, expliquent qu'elles ont l'impression que la situation dans laquelle elles se trouvent n'est pas le fruit de leur efforts personnels. Toutes attribuent leur réussite à des causes extérieures : chance, relations, circonstances. C'est pour cela que l'existence du syndrome de l'imposteur est parfois remise en question, certaines personnes estimant qu'il ne s'agirait simplement que de cas d'extrême modestie.

 

Pourtant, en mettant au point l'échelle de Clance - outil servant à déterminer si l'on est atteint du syndrome ou non – les deux psychologues qui ont découvert le syndrome de l'imposteur l'ont théorisé. On sait qui il touche en particulier : les femmes plus que les hommes, les surdoué(e)s, les autodidactes, mais aussi, les personnes ayant bénéficié de mesures de discrimination positive. On connaît aussi les effets néfastes engendrés par cette pathologie  : peur d'aller vers les autres, peur de s'affirmer, et peur de s'exprimer en public. Les différentes études menées révèlent de la même façon que le syndrome intervient à des moments très précis de la vie. Lors des périodes de transitions. Ainsi, beaucoup de jeunes couples, se questionnent sur leur légitimité à jouer le rôle de parent, dans les premiers mois suivant l'arrivée d'un nouveau né. C'est également un comportement adopté par les jeunes travailleu(r)ses. Si on voit difficilement quel apport pourrez apporter le doute chez de jeunes parents, il peut en revanche s'avérer être utile sur le lieu du travail. Tant qu'il s'exprime de manière raisonnable, le doute peut être bénéfique. En effet, remettre en cause son travail, questionner ses idées, actions et compétences peut permettre de mieux progresser dans sa carrière. Mais quand le doute s'installe de manière maladive, il a des conséquences désagréables : stress, culpabilité, angoisse, et parfois même burn out.

 

Dans le cas où vous seriez concerné(e)s par ce problème, sachez que la première étape à suivre pour aller vers la guérison est la verbalisation. Ensuite, un travail sur soi est nécessaire, afin de se défaire de ce réflexe de diminution. Suite à quoi, il faudra intégrer le fait que « ce que les autres pensent de moi » n'entre pas forcément en adéquation avec « ce que je pense de moi ». Enfin, pour aller mieux, il peut être utile de se poser la question suivante : « Que puis-je faire pour avoir une meilleure opinion de moi ? »

 

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